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 Keith Jarrett: The Carnegie Hall Concert

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Sol
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MessageSujet: Keith Jarrett: The Carnegie Hall Concert   Mer 1 Nov - 22:19



Keith Jarrett immortalise un concert «miraculeux»

Keith Jarrett, qui souffre du syndrome de fatigue chronique, ne se sentait pas particulièrement en forme lorsqu'il s'est rendu à Carnegie Hall, par un pluvieux après-midi de septembre, il y a un an. Mais il a eu un regain d'énergie quand il s'est assis au piano à queue Steinway devant une salle comble qui attendait avec fébrilité son premier concert solo nord-américain en dix ans.

Ce soir-là, M. Jarrett, qui est rarement satisfait de ses performances, a vécu une interaction spéciale avec son public, le genre d'interaction qu'il n'avait ressentie qu'une seule fois auparavant — en 1975, dans une salle d'opéra en Allemagne, lorsqu'il a donné ce qui deviendrait The Köln Concert, qui, à trois millions d'exemplaires, est devenu l'album de piano solo le plus vendu de l'histoire.

«À Carnegie Hall, quand je suis entré sur scène, il n'y avait aucun doute dans mon esprit que ces gens-là étaient prêts pour tout, et je ne peux pas en dire autant de tous les endroits où je joue, a expliqué le pianiste jazz de 61 ans. Carnegie Hall n'aurait pu se produire sans ce public. Ce n'était pas comme si je lançais des trucs et qu'ils les attrapaient. Ça coulait dans les deux sens en tout temps... Je n'étais pas préparé pour une telle interaction entre le public et la scène. J'avait déjà eu de bons publics, mais là, c'était presque un petit miracle. J'ai seulement vécu ça deux fois, une fois à Koln et l'autre à New York.»

Les auditoires de M. Jarrett ont toujours eu un impact sur ses performances solos improvisées, mais de s'exécuter chez lui devant 3000 amateurs enthousiastes l'a poussé à créer ce qui est devenu son autobiographie musicale, «une vue à grand angle de ce que je fais quand je joue seul».

La performance de M. Jarrett peut être entendue en entier sur le nouveau CD double, The Carnegie Hall Concert, le premier concert solo américain qu'il ait endisqué. Le pianiste offre à ses auditeurs une balade musicale qui touche le blues, le gospel, le boogie-woogie endiablé, les balades jazz, la musique contemporaine dissonante, les classiques romantiques et la musique folk typiquement américaine. Et au travers de cinq rappels, M. Jarrett interprète deux de ses compositions classiques des années 1970, Paint My Heart Red et My Song, en plus de la ballade de jazz Time on My Hands.

«Ce soir-là, j'ai pu me permettre d'être moi-même», a-t-il expliqué.

La performance de M. Jarrett à Carnegie Hall est d'autant plus remarquable qu'au cours des dernières années, il a été forcé de revoir complètement son approche des concerts solos, en raison du syndrome de fatigue chronique dont il souffre depuis 1996.

Au début des années 1970, il a fait figure de pionnier quand, lors de ses concerts solos, il a laissé de côté les classiques du jazz pour plutôt se perdre dans des improvisations qui, parfois, pouvaient durer plus d'une heure. Ces concerts le laissaient toutefois complètement épuisé, aussi bien physiquement que mentalement.

M. Jarrett est tombé malade en 1996, pendant une tournée en Italie. Après son diagnostic, il est disparu de la scène pendant près de 18 mois, avant de tenter un retour en novembre 1998.

En 1999, il donne deux concerts solos au Japon, se livrant à quelques improvisations courtes, mais le résultat ne le satisfait pas. Il avait alors dit douter qu'il reviendrait jamais au format improvisé, qu'il trouvait trop épuisant physiquement.

Le temps d'arrêt imposé par sa maladie lui permet toutefois d'analyser ses performances antérieures, de les peaufiner, et éventuellement d'ébaucher un nouveau concept de concerts solos.

«Je savais que si j'étais pour y revenir, j'allais devoir défaire tout ce que j'avais fait précédemment, aussi bien psychologiquement qu'émotionnellement», a-t-il dit.

Il a ainsi profité de son expérience de l'interprétation de la musique classique pour donner plus de liberté à sa main gauche, en plus de mettre de côté les improvisations interminables.

«J'ai réalisé qu'il serait peut-être préférable de commencer et d'arrêter plutôt que de jouer sans fin, a-t-il expliqué. Ça peut être long si c'est nécessaire... mais si je peux, j'arrête quand c'est complet plutôt que de l'étirer indéfiniment.»

M. Jarrett a mis ces nouvelles idées à l'essai quand il est retourné au Japon en 2002 pour deux nouveaux concerts solos, qui ont donné le CD Radiance l'an dernier, son premier enregistrement solo en direct depuis sa maladie, et le DVD Tokyo Solo, lancé plus tôt cette année.

Mais la politesse presque excessive du public japonais empêche ces concerts d'être aussi magiques que celui de Carnegie Hall, où le public en est venu à faire partie intégrale de la musique. En tant que réalisateur du CD, Jarrett a décidé de préserver l'intégrité des applaudissements, plutôt que de baisser le volume ou de tronquer les ovations, pour préserver «le sentiment unique».

«J'ai commencé à réaliser que les cris et les bruits de pieds qui tapent... le bruit que fait le public... ressemblent à de la musique moderne, a-t-il dit. J'ai réalisé que ce n'était pas seulement des applaudissements, ça avait autant des passion et de couleur que la musique.»

Pour M. Jarrett, le moment ultime du concert survient pendant le premier rappel, quand il improvise une pièce quasi-religieuse qui sera éventuellement baptisée The Good America.

«En termes très larges, ça demandait au monde de ne pas être ce qu'il est en train de devenir, a-t-il expliqué. J'ai des larmes aux yeux chaque fois que je l'écoute... Il y a dans ce pays une conscience et une inconscience, et la “bonne Amérique” est l'Amérique éveillée que nous ne voyons pas aux nouvelles ou rarement ailleurs.»

M. Jarrett affirme que la musique prouve qu'il est complètement remis de sa maladie. Depuis Carnegie Hall, il se concentre de nouveau sur ses concerts solos. Il donnera deux autres concerts solos à la salle Pleyel de Paris, à compter du 31 octobre, avant de se produire en novembre au Portugal et en Espagne en compagnie de son trio.


source: http://www.canoe.com/divertissement/musique/entrevues/2006/10/23/2105330-ap.html


Liste des titres

Disque 1:

1. Part 1
2. Part 2
3. Part 3
4. Part 4
5. Part 5

Disque 2:

1. Part 6
2. Part 7
3. Part 8
4. Part 9
5. Part 10
6. The Good America
7. Paint My Heart Red
8. My Song
9. True Blues
10. Time On My Hands

Concert enregistré le 26 Septembre 2005 au Carnegie Hall de New York.


Dernière édition par le Jeu 2 Nov - 12:49, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Keith Jarrett: The Carnegie Hall Concert   Jeu 2 Nov - 1:36

Voilà je viens de l'écouter, très beau concert dans la continuité de Radiance.

Comme ce dernier, "The Carnegie Hall Concert" contient quelques pièces "free" et d'autres plus accessibles pour une durée moyenne de 7 minutes par morceau.

Mais le must de ce concert de mon propre avis provient des 5 (!) rappels, avec notamment une nouvelle version solo de My Song, tout simplement à pleurer.

Personnellement je trouve cet album meilleur que Radiance (mieux équlibré).
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MessageSujet: Re: Keith Jarrett: The Carnegie Hall Concert   Ven 3 Nov - 0:53

Merci Sol pour cette brillante chronique fort allèchante, il sera tres bientot mien.
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MessageSujet: Re: Keith Jarrett: The Carnegie Hall Concert   Dim 5 Nov - 22:32

Jarrett a Pleyel ces derniers jours...j'aurais aimé y etre !



Elégances au balcon, acoustique et lumières de rêve, piano noir en style d'Afrique vue du ciel, le Maître fait son entrée côté jardin. Première ovation des dix-sept de la soirée. Keith Jarrett accomplit tranquillement les dix-sept pas et demi qui le séparent du piano (bizarre : seize et demi au retour). Chemise vert bouteille, gilet chamarré, silhouette d'adolescent, il salue le clavier. Première impro sur toute l'étendue, place aux mémoires. Son concert à Carnegie Hall à peine dans les bacs, il ne sait pas ce qu'il va jouer, nous non plus.



Combien de fois est-il venu à Pleyel ? Pleyel a tellement changé. Ce qui est bien dans la nouvelle salle flambant neuf, c'est qu'on perçoit distinctement les toux : toux sèches comme un coup de trique, vieux catarrhes convulsifs, quintes diminuées, brelans, toux grasses, tout y passe. Les tousseurs se filent rendez-vous au premier silence. N'importe quel classique le sait, la toux de concert n'a rien à voir avec le temps, la pollution, les embarras de Paris ou la lune. Ce sont des toux sportives, nerveuses. Plus la musique est délicate, plus ça expectore dans les rangs.

Premier silence troué (les silences aussi sont de lui), puis d'un coup, décollage en bout de piste. Ovation. Les deux pièces suivantes (4 et 5) donnent l'occasion d'une saisie rythmique dans l'esprit de son très inaugural Facing You (1971). Il se dresse sur le siège, gémit en déséquilibre avant, toutes lombaires à la peine. L'ostéopathe qui le suit partout pleure doucement. Lui le devine, s'assied sagement, plaque un "accord tchécoslovaque" de derrière les fagots. Ovation d'un public cruel.

Là (sixième improvisation), il invente une chansonnette dont Ray Charles eut fait une douleur canaille. Public ravi. A la suivante, il tricote des paluches, boogie-woogie, fugue et passe caille, olé ! et encore bravo. Dès la Part 8 (ainsi les nomme-t-il), chacun trouve ce qu'il cherche dans la musique. Nirvana. Grand recueillement à la neuvième : plus il ralentit, plus les toux se réjouissent.

Keith s'arrête. Tremblement dans les travées. Il se lève. A voix nue, après s'être excusé de ne parler qu'anglais : "Vous avez noté que moi, je ne tousse jamais ? La toux ne vient que dans les phases fragiles." Ça détend : "J'ai la réputation de ne rien supporter." En français dans le texte : "Eh bien, ce n'est pas vrai." Sur ce : "Ecoutez, je vous donne une chance : une toux par morceau, pas plus."

Il reprend. Escorte instantanée de poumons euphoriques. "Ce n'est pas possible. Bien : où en étais-je ?" Le Maître est de bonne humeur. Il tente héroïquement un "concerto pour piano et toux." Aborde un motif répétitif. Renonce. Revient. Long laïus inspiré : "Où s'en va la concentration dans ce monde ? Mais où va la concentration ? Désolé, je ne sais pas faire de récital plateau télé." Seize pas et demi. Les paris s'engagent.

Contre toute attente, il revient, à raison raisonnable de deux toux par pièces, contrepoint d'abord, lenteur extrême pour suivre. Verre d'eau en main, il se tape deux cachets à la onzième. Redémarre sur une complainte habitée par les accents de son concert à Bremen (1974). Donne quatre rappels, conclut par la même série qu'à Tokyo, le lundi 23 avril 2001 (inédit). Et pour paraphe, As the Time Goes By (en effet !), puis, nettement au-dessous du niveau des touches, When I Fall in Love. Ostéopathe aux abois, public aux anges, tousseurs guéris, Lourdes. Inutile de tousser lors du prochain concert, le 3 novembre, juste pour vérifier l'état des exceptions. La musique y suffit.

source:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-829736,0.html
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MessageSujet: Re: Keith Jarrett: The Carnegie Hall Concert   Lun 6 Nov - 23:24

Le pire c'est que j'étais à Paris ce soir là, trop dégouté lol...

ps: il a vraiment failli se casser à causes des tousseurs ?
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MessageSujet: Re: Keith Jarrett: The Carnegie Hall Concert   Mar 7 Nov - 1:34

je pense qu'il l'a pris a la rigolade il doit etre habitué a force...

Puis en plus il semble reprocher un peu au public japonais leur discipline presque trop presente d'apres ce que tu avais posté alors je sais faudrait trouvé quelqu'un qui y était pour qui nous raconte
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